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octobre 19, 2021

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De Kabila père à Kabila fils: Est-ce que la révolution du 17 Mai qui renversa Mobutu valait la peine ?

5 min read

L’Oiseau perché

Lorsque Laurent Désiré Kabila arriva avec ses troupes à Kinshasa pour chasser le régime tyrannique de Mobutu, son désir était d’instaurer une démocratie en République Démocratique du Congo » RDC » et d’améliorer le bien-être du peuple congolais en le libérant des prédateurs du régime qui se sont servis depuis des années sur son dos, le maintenant toujours dans la misère.

La vie des Zaïrois, à la fin du règne de Mobutu, était vraiment en contradiction avec la grande richesse minière.de leur pays.

La grogne sociale et l’exacerbation des contradictions politiques et sociales avaient disposé moralement les Congolais à ouvrir la porte à Laurent Désiré Kabila et à l’accueillir comme libérateur. A ce moment là, il représentait une alternative face à la lutte non armée de l’Opposant Etienne Tshisekedi déjà affaibli par un régime prêt à marcher sur tout ce qu’il pouvait rencontrer sur son chemin.

À côté de la prédisposition du peuple à ouvrir les bras à Laurent Kabila et sa coalition à domination étrangère, il y’avait sans doute le prix à payer. Avec l’avancée des troupes de l’AFDL de Laurent Désiré Kabila, plusieurs personnes sont mortes tant dans le rang des civils que dans celui des forces combattantes.

La révolution emporta aussi, avec elle, les dernières ficelles de l’économie zaïroise affaiblie par des pillages suite au ras-le-bol du peuple envers Mobutu. Il n’avait plus peur de faire face à Mobutu car pour lui, le libérateur était déjà en route. Suite à ce désordre qui a précédé la chute de Mobutu, plusieurs hommes forts du régime ont quitté le pays, emportant les coffres-forts, du pays, qu’ils gardaient avec eux.

Après la conquête de Kinshasa le 17 Mai, une autre réalité a refait surface: celle d’un pays vidé de toutes ses réserves et de son épargne. Laurent Kabila engagea alors une lutte acharnée contre les anciens dignitaires du régime Mobutu qui, pour lui, étaient les premiers responsables de la situation chaotique du pays. Plusieurs ont quitté le pays. Pour le nouvel homme fort de Kinshasa, il n’y avait pas que de mauvais chef mais il y’avait aussi des mauvais collaborateurs. Pour lui, l’influence était réciproque entre le chef et ses collaborateurs.

Après l’assassinat de Laurent Kabila en 2001, son fils Joseph Kabila accéda au pouvoir, c’était le futur homme fort que les Congolais ont appris à connaître pendant ses dix-sept ans de règne.

A son arrivée, le jeune Président, dans sa trentaine de l’époque, aspirait confiance. Certainement, ceux qui l’avaient porté à la tête du pays pensaient que les Congolais connaissaient bien «le fils de son père». Seulement, quelques années à peine après l’assassinat de Laurent Désiré Kabila, toutes les habitudes de l’ancien régime Mobutu étaient réintroduites. Les anciens dignitaires du régime sont revenus aux affaires. Les Mobutistes avaient décidément gagné leur marche contre Laurent Kabila.

Les Congoais ne comprenaient plus cette situation. Est-ce qu’il faut dire que c’est Mobutu qui était le vrai problème et non ses collaborateurs directs ? Est-ce que Mobutu prenait seul toutes les décisions qui ont conduit aux malheurs des Zaïrois de l’époque? Mystère. En fait, pour Joseph Kabila, il s’agissait d’un désir de réunifier le peuple en réunissant le passé et le présent.

On dirait une sorte de réconciliation nationale. Peut-être que Joseph Kabila pensait qu’il n’y a pas de mauvaises troupes, il n’y a que des mauvais chefs. Avait-il raison de croire ainsi? Pour la plupart des Congolais, la révolution du 17 Mai n’a pas donné le résultat souhaité car les us et coutumes de l’ancien régime ont refait surface. Le drapeau aussi a changé, les armoiries et les insignes du pays ont rejoint le Mobutisme. Les anciens collaborateurs de Mobutu, devenus le premier cercle de Joseph Kabila, ont amené leurs vieilles habitudes que les Congolais rejetaient à travers la révolution menée par Laurent Kabila. La corruption à outrance, la brutalité des forces de l’ordre, l’impunité, la confiscation de la justice au service du régime, la maltraitance des citoyens par les services de sécurité, la confiscation des libertés individuelles, les détournements de fonds publics, le blanchiment de capitaux, la destruction du chemin de fer congolais (pourtant socle du développement), tous ces maux de l’ancien système de Mobutu avaient été restaurés et cela sous le silence de Joseph Kabila.

Parlant des élections, les Congolais constatent que les trois élections qui ont suivi la révolution n’ont pas toutes étaient transparentes et crédibles et pourtant, elles devaient être prises comme des modèles. Près de deux décennies après la révolution du 17 Mai, l’histoire congolaise cherche encore à comprendre s’il en valait vraiment la peine, parce que les mêmes causes ont produit les mêmes effets.

La fin du règne de Joseph Kabila s’est beaucoup rapprochée des années d’adieu de Mobutu. Comme il s’agit des mêmes collaborateurs de l’ancien régime détrôné , peut-on dire que la formule du Mobutisme reprise par Joseph Kabila a échoué pour la deuxième fois? En 2013, Joseph Kabila avait admis qu’il n’avait pas un bon entourage. D’ailleurs, il avait ironiquement dit qu’il était à la recherche de quinze personnes. Cet aveu qui est venu tardivement n’a pas permis de redresser la pente sur laquelle son régime glissait jusqu’à son écrasement complet. À partir de l’expérience de la RDC sous Laurent Kabila et Joseph Kabila, on comprend que le cœur d’un prince ne sera pas forcément celui du Roi. Les gens naissent différemment, chacun avec son heure et avec un coeur propre à lui.

Un courrier pour Tamtam News de la part de L’Oiseau perché
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