Catégories

Articles récents

Connectez-vous à Tamtam News

octobre 19, 2021

Tamtam News

Pariez sur l’info

Espoirs fragiles au retour de la paix dans la province de l’Ituri en RDC, ravagée par le conflit

4 min read

Avec AFP

«L’avenir est sombre», soupire Joachim Lobo, un enseignant qui aspire «à ramasser la craie» et à retrouver ses élèves si jamais la paix est rétablie dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

«J’ai perdu mon emploi à cause de toutes ces absurdités», dit Lobo à propos de la violence communautaire dans la province de l’Ituri, riche en or, où il a enseigné le français et la philosophie. «Nous pensions que nous aurions un gouvernement responsable, mais nous ne savons pas quand nous pourrons retourner sur nos terres.»

En 2019, le père de neuf enfants âgé de 60 ans a fui Sombuso, son village natal de Djugu, et vit désormais dans un camp pour personnes déplacées à 20 km (12 miles) à Loda, à proximité d’une base de troupes étrangères servant aux États-Unis. Mission des Nations en RDC, MONUSCO.

Les conditions y sont désastreuses, dit-il. «Pas de latrines, pas de nourriture, pas d’eau potable, pas de soins médicaux.»

Lobo, qui appartient à la communauté Hema, traditionnellement éleveurs et commerçants, a quitté Sombuso pour échapper à la brutalité d’une aile du groupe CODECO (Congo Development Cooperative) créé par les Lendu.

Les experts affirment que le CODECO est composé de combattants de l’ethnie Lendu qui prétendent défendre les droits de propriété des communautés agricoles lendu à Djugu. Les milices lendu sont tenues pour responsables du meurtre de plusieurs centaines de civils hema.

«Nous ne savons pas quand nous pouvons revenir»


Ce n’est pas la première fois que «Papa Joachim» fuit la violence en Ituri.
En 1999, il a abandonné sa maison après le déclenchement de la Seconde Guerre du Congo (1998-2003), qui a vu les armées de plus d’une demi-douzaine de pays africains entrer dans la vaste RDC. La violence a coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes en Ituri.
À l’époque, les Lendu et les Hema s’entre-tuaient dans des attaques de milices, qui ont été arrêtées en 2003 par l’opération Artemis, une intervention militaire d’une force de l’Union européenne (EUFOR) soutenue par les Nations Unies.

Des dizaines de milliers de civils ont été déplacés en Ituri depuis la reprise des violences en décembre 2017 dans les régions de Djugu et de Mahagi, mais cette fois, c’était différent des affrontements du temps de guerre.

Les Hema n’ont pas reconstitué leurs milices et des personnalités publiques lendu condamnent les raids commis en leur nom par les forces du CODECO.

Le président Félix Tshisekedi, qui a pris ses fonctions en janvier 2019, a dénoncé une «tentative de génocide» et un «complot» lors d’une rare visite dans la capitale provinciale Bunia en juillet de cette année, au plus fort d’une flambée de violence.

Il a annoncé une opération militaire «à grande échelle» baptisée «Ituri Tempest» contre les assaillants, qui a conduit au meurtre d’un chef du CODECO.

«Un rebelle comme toi»

Un an plus tard, Tshisekedi a dépêché une délégation d’anciens chefs de milice de l’époque de la Seconde Guerre du Congo pour négocier la reddition des combattants pro-Lendu.

L’équipe était dirigée par Floribert Ndjabu, un homme qui a purgé 15 ans de détention préventive, soupçonné du meurtre de neuf soldats de la paix de l’ONU en 2005.
« Je leur ai dit: » J’étais un rebelle comme vous – vous n’avez rien à m’apprendre « , a déclaré Ndjabu à l’agence de presse AFP.

Le résultat des pourparlers a été une baisse notable du nombre de raids meurtriers, selon des témoins.

Les routes clés qui avaient été bloquées, comme la RN27 reliant la RDC et l’Ouganda, sont à nouveau ouvertes à la circulation mais les véhicules sont escortés par les militaires, a constaté l’AFP.

Une partie de la population reste sceptique quant à tout processus de paix.

«Nous avons besoin d’une pression militaire, avec des moyens suffisants pour permettre à l’armée de sécuriser la population et de faire respecter la paix, tandis que la justice doit s’occuper des criminels», a déclaré Agathe Gipatho, une femme de 60 ans, lors d’un échange avec des membres de la Communauté Alur à Nioka.

«Les gens ont tendance à retourner dans leurs villages», a déclaré Dieudonné Kpadyu Mnyoro. «Mais leur principale préoccupation est la sécurité, la fin de la violence.»

PARTAGER CET ARTICLE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

Écrire à Tamtam News
1
Écrire à Tamtam
Salut 👋🏼,
Bienvenue chez Tamtam News. Avez-vous une Opinion à faire publier chez Tamtam? tamtamnewsnet@gmail.com.