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RDC : Le Prix Nobel de la Paix Dr Denis Mukwege sous menaces, l’élite congolaise dénonce

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Depuis son alerte sur les massacres perpétrés à Kipupu, dans la province du Sud-Kivu, le Docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018, reçoit des menaces de toutes sortes. Il est victime des correspondances haineuses et des pamphlets de déstabilisation visant à amener les natifs de la partie Est du pays  à prendre des distances avec lui. Ses collaborateurs non plus ne sont pas épargnés des menaces. Or, en réalité, Denis Mukwege  milite inlassablement pour la recherche de la vérité dans les massacres à répétition et l’application de la justice, sans lesquelles les congolais ne peuvent pas espérer une paix durable. Voilà pourquoi, il a toujours appelé à l’application des recommandations du rapport de Mapping, pour ne pas laisser les auteurs de toutes les tueries impunis. 

Face aux différentes intimidations dont Denis Mukwege est victime, des intellectuels congolais sont montés au créneau pour dénoncer stratagèmes peaufinés pour nuire au Prix Nobel de la paix. 

Qu’est-ce que cache les menaces ?

L’écrivain Germain Nzinga estime que le prix Nobel de la paix dérange notamment la meute qui tue en toute impunité́ à l’Est de la RDC.

« Il dérange ce régime qui a développé l’habitude de prendre pour cible toute élite intellectuelle congolaise; qui ose marcher à contre-courant de leur agir criminel ».

Pour lui, le prix Nobel de la paix est devenu un témoin gênant. Car, il dérange inévitablement ce système décidé depuis 1996 à nettoyer des congolais. Leur objectif ? Prendre le contrôle du Congo et de ses richissimes ressources naturelles.

D’où, il en appelle au peuple congolais d’être vigilant. Car, il compare ces menaces au prisme de la théorie de Jacques Semelin qui explique le mode opératoire des génocidaire dans: « Usages politiques des massacres et génocides ». Cet auteur met à nu la manière dont les manipulations de langage et des esprits préparent au passage à l’acte. Il est notamment question d’élaborer préalablement un imaginaire et une justification.

Ainsi, avant de s’attaquer à un individu ou à un peuple, les assassins se lancent dans une campagne de dénigrement. De ce fait, ils choisissent leur adversaire, en le chargeant de tous les maux “imaginaires”. Au finish, l’opinion risque de croire que seules sa disparition et la solution finale peuvent rétablir l’ordre social qu’il a brisé́.

« Cette campagne haineuse contre le médecin congolais est à prendre très au sérieux. Elle est indicatrice du projet échoué́ en 2012 lorsque les mêmes sicaires avaient décidé de mettre fin à sa vie », insiste Germain Nzinga. 

Il craint que cette campagne soit pour préparer les esprits au pire qui peut s’abattre incessamment sur le prix Nobel de la paix. D’où, l’appel à ouvrir l’œil et le bon.

Le Prof. Alphonse Maindo de l’Université de Kisangani soutient, sans ambages,  l’analyse de Germain Nzinga qui a démontré les mécanismes des tueries des masses. 

Georges Mosse notamment, a écrit : « De la grande guerre, la brutalisation des sociétés européennes ».  Un ouvrage qui démontre comment les pourfendeurs fonctionnent : on construit l’image de l’ennemi en présentant l’autre comme un objet; un animal; un insecte. Bref, on les déshumanise pour faciliter sa mise à mort. Il n’est pas question de tuer son semblable.

Selon lui, ce travail de mobilisation culturelle joue un rôle crucial dans les tueries; les massacres; les assassinats. Surtout quand il faut tuer des proches.

L’autre déshumanisé peut être un individu ou une communauté entière. Dès lors, le retour de la paix durable requiert la démobilisation culturelle, selon John Horne. Il s’agit de déconstruire l’image de l’ennemi pour le transformer en être humain; un semblable, pour justifier qu’il y a possibilité de vivre avec lui.

Par conséquent, il faut déconstruire la culture de la guerre, de la violence pour ramener une paix durable.

Prof. Alphonse Maindo pense que cette mobilisation culturelle contre Dr. Mukwege, y compris les Bashi, est dangereuse. En conclusion, il faut la prendre au sérieux. 

Au fond, ces intellectuels congolais dénoncent à ciel ouvert tous les complots que des bourreaux sont en train d’orchestrer contre le nationaliste Dr Mukwege, le réparateur des femmes victimes de viol. 

Jules Ntambwe

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