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RDC: Minembwe, l’épine sous les pieds des Congolais

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Minembwe est une zone située dans le territoire de Fizi au Sud-Kivu dans la partie Est de la République Démocratique du Congo » RDC ».

La zone est devenue officiellement une commune rurale depuis 2013 à l’issue d’un décret, du Premier Ministre congolais Matata Ponyo, créant des nouvelles communes rurales à travers le pays.

Le passage de cet espace à une commune rurale continue de faire des mécontents, d’entretenir des tensions et des suspicions à travers tout le pays.

Les populations autochtones de la zone de Minembwe, issues des communautés Bembe et Lega, n’ont jamais cautionné ce changement de statut pour la localité.
Dans le pays, cette opinion est partagée par toutes les communautés autochtones.
Depuis 2013, les Congolais ont toujours demandé aux autorités du pays d’abolir le statut de commune conféré à la zone de Minembwe mais sans succès.
Des forces locales autochtones se sont érigées en des groupes dits d’autodéfense et ils ont pris des positions aux alentours de la commune contestée où vit une partie de la minorité rwandophone dite Banyamulenge. Les populations congolaises la soupçonnent d’avoir des visées territoriales et sécessionnistes contre cette partie de la RDC.
La communauté Babembe avait recommandé au gouvernement congolais, au mois de mars dernier, de supprimer l’article créant la commune rurale de Minembwe.

La tension autour de cette question s’est accentuée en 2018 avec la signature d’un arrêté nommant deux administrateurs pour la commune contestée par le ministre congolais de la décentralisation. L’un des administrateurs nommés étant issu de la minorité rwandophone, cette nomination s’est heurtée à des fortes contestations des populations locales et sa matérialisation mise en veilleuse.

L’installation du bourgmestre de la commune rurale contestée de Minembwe, le lundi 28 septembre 2020 dans une cérémonie à laquelle quelques députés, deux membres du gouvernement central et des diplomates américains ont pris part, a suscité des réactions de protestation dans tout le pays et un sentiment d’indignation nationale.
Forcing, trahison, humiliation, complot contre la République, moquerie, messe noire, tous les mots étaient choisis pour décrire la cérémonie d’installation organisée à la va-vite par le ministre congolais de la décentralisation et réforme institutionnelle Azarias Ruberwa, lui-même issu de la minorité rwandophone dit Banyamulenge.

Face à ce sentiment de frustration nationale engendré par la situation, certains membres de la délégation officielle partie de Kinshasa du 22 septembre au 1 octobre pour une caravane de paix dans la partie Est du pays se sont exprimés depuis pour prendre des distances avec les événements qui ont eu lieu dans la commune contestée de Minembwe le 28 septembre.

Le député national Juvénal Munibo de l’UNC et rapporteur de la commission defense à l’Assemblée nationale a fait savoir sur les antennes de la Télévision Nationale Congolaise que la cérémonie d’installation du bourgmestre de la commune contestée de Minembwe était une improvisation dans l’agenda de la dite délégation, partie pour la caravane de paix. Ce député a taxé la cérémonie d’installation de l’administrateur de Minembwe d’une rencontre privée entre le ministre de la défense et celui de la décentralisation, rencontre qui a pris au dépourvu et mis devant les faits accomplis les autres membres de la délégation.

Le député Juvénal Munibo a estimé que cet événement n’était pas opportun au regard des priorités de la délégation. Il a, depuis, formulé une demande d’explication au ministre congolais de la defense qui conduisait la délégation partie de Kinshasa devant le parlement congolais.

Le député national Muhindo Nzangi de l’UNC a adressé une demande d’explication au ministre congolais de la décentralisation et réforme institutionnelle devant le parlement le vendredi 2 octobre pour qu’il puisse expliquer les circonstances de l’installation du bourgmestre de la commune contestée de Minembwe.

L’Opposant principal au régime de Kinshasa Martin Fayulu Madidi a, dans un tweet samedi 3 octobre, appelé les Congolais à s’opposer à l’instauration de Minembwe comme commune rurale.

Plusieurs notables congolais se sont aussi exprimés sur la question pour afficher leur désapprobation avec les événements de Minembwe.

Le député national Bulambo Kilosho s’est exprimé dans une vidéo qui a été largement partagée dans les réseaux sociaux congolais affichant sa désapprobation avec les événements de Minembwe. Le notable s’est montré suspicieux des visées entretenues derrière la question de la création de la commune contestée de Minembwe. Il a demandé la suppression du décret créant la commune disputée et la déclaration de nul effet de l’installation du bourgmestre, promettant de saisir la justice et les hautes instances du pays. Pour ce député et ancien ministre, la crédibilité du Président de la République se trouve dans la balance sur la question de Minembwe. « Nous ne laisserons pas cette imposture se faire. Nous irons auprès des cours et tribunaux de ce pays. Nous tournons notre regard vers les autorités du pays notamment le Chef de l’Etat pour qu’il arrête cette mascarade. Ce n’est dans l’intérêt de personne.» a-t-il dit.

La présence de l’ambassadeur des États-Unis Mike Hammer dans la commune contestée de Minembwe, au moment des faits le lundi 28 septembre, n’a pas non plus arrangé la situation.

La députée nationale Marie-ange Mushonekwa du FCC s’est indignée de voir un ambassadeur aller à la rencontre de la minorité rwandophone.

L’ancien Ministre Justin Bitakwira a dénoncé ce qu’il a qualifié de complot contre la République sur les ondes d’une radio locale. Il a fait savoir qu’en soutenant une telle démarche, le ministre congolais de la défense a posé un acte de haute trahison. L’ancien ministre a appelé l’Etat congolais à éviter de tomber dans un piège sur le dossier Minembwe.

Un autre député national Delly Sesanga a, quant à lui, estimé que l’installation des communes rurales de Minembwe ou autre est un détournement de la loi et une corruption des règles. Cet élu du peuple a fait savoir que le sénat congolais avait en son temps relevé la violation de la loi dans la création de ces communes.

Au sein de la population congolaise, le temps est au questionnement. C’est un sentiment de déception générale qui secoue le pays. Une partie de la population pense que la cérémonie d’installation du bourgmestre de Minembwe est liée à un plan qui date depuis longtemps et qui consiste à faire de cette partie du Congo un État indépendant qui sera peuplé de la minorité rwandophone dite Banyamulenge.

Le Président congolais Félix Tshisekedi était absent du pays pendant le déroulement des événements dans la commune contestée de Minembwe.
Il est parti officiellement en Belgique pour un voyage privé, ses critiques dans le pays pensent que ce déplacement brusque était une façon pour lui de s’effacer, pour ne pas vivre la situation sur place dans le pays.

Dans la diaspora congolaise, la cérémonie d’installation d’un bourgmestre à Minembwe a provoqué l’étonnement général. Plusieurs mouvements dits des combattants ont appelé samedi à bannir l’entrée sur le territoire européen des autorités congolaises qu’ils accusent de haute trahison. Des membres d’un mouvement dénommé APARECO ont pris d’assaut les réseaux sociaux pour parler de la manipulation du Président congolais Félix Tshisekedi pour des fins anti-patrie.

Au sein du Gouvernement congolais, un sentiment de malaise général règne. Dans une intervention sur les antennes d’un média local, le ministre congolais de la communication a fait savoir que le Président de la République n’était pas lié à la cérémonie tenue à Minembwe et que contrairement aux allégations des uns et des autres, il n’est pas manipulé.

Le président congolais Félix Tshisekedi est attendu à Goma en début de semaine pour participer à la visioconférence avec ses homologues Chefs d’États des pays voisins dans la partie Est de la RDC. Ses critiques appellent à rassurer les populations au sujet de la commune contestée de Minembwe.
Dans la communauté rwandophone dite Banyamulenge, le temps est à la célébration. Une chanson de circonstance diffusée dans les réseaux sociaux congolais de célébration de la conquête de Minembwe a provoqué un tollé dans le pays depuis le lundi 28 septembre.

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