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octobre 19, 2021

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Sans chemin de fer le Congo ne vaut pas un penny. Où en est-on avec ce chemin de fer à ce jour ? (analyse)

6 min read

Par L’Oiseau perché

La célèbre citation de Stanley «Sans chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny » a traversé plusieurs générations en République Democratique du Congo et a vu défilé des leaders. Mais l’ont-ils tous intériorisé ?

Un peu de leçon d’histoire 

Sous l’impulsion de Stanley, le roi Léopold II fit étudier le tracé d’un chemin de fer au Congo. Ce chemin de fer fut construit à grande peine, de 1890 à 1898. 

Stanley s’exprimait très vivement au sujet de ce chemin de fer «Tant qu’il ne sera pas construit, le pays “ne vaudra pas quatre sous ».

Dans les classeurs de l’histoire 

La pensée de Stanley qui traduisait son rêve pour un pays intégré a depuis été  classée dans les oubliettes. 

Après le départ des colons Belges, le chemin de fer congolais a continué sa descente aux enfer et son définitivement scellé ces quinze dernières années.

Plusieurs études ont démontré que la défaillance du système de chemin de fer en RDC demeure l’une de causes principales redressement économique du pays. 

Le projet de construction de chemins de fer additionnel est à l’arrêt et plusieurs routes existantes sont hors d’usage. À certains endroits, des constructions anarchiques ont surplombé les anciens chemins de fer. 

Une économie en état de panne 

Le Congo, ce grand bassin au centre de l’Afrique n’est plus relié par voie de chemin de fer et son économie est à la paralysie. 

L’inter-connectivité économique entre les provinces du pays est en panne et plusieurs provinces se voient contrainte de dépendre des importations provenant des pays frontaliers à la RDC. Au niveau de provinces enclavées du centre du pays des marchés locaux plongent dans la rareté des biens de base et ne savent où se ravitailler. 

Sans chemin de fer et sans mouvements de marchandises entre les provinces, le social des congolais s’en va au-delà de ses frontières pour enrichir des affairistes dans la sous-région africaine des grands lacs et dans l’Afrique centrale. Le pays n’a pour l’instant pas d’autres alternatives.  

Si vous faites un tour complet du Congo, vous y trouverez tout ce dont dispose votre pays et vous y trouvez aussi tout ce dont votre pays manque. Mais comment comprendre que les populations d’un coin du pays ne sont pas en mesure de se procurer la production d’une autre partie du pays et vice-versa ? C’est dans cet imbroglio que l’économie congolaise tire sa misère. La vulnérabilité des opérateurs économiques locaux y prend également sa source. Dans des provinces des productions locales périssent et sont jetées suite à l’impossibilité de les écouler dans d’autres marchés locaux. Face à la non diversification des productions au niveau locales, la situation dans les provinces productrices celle où chacun consomme ce qu’il produit déjà et personne ne commande auprès de personne. Seulement, tout le monde manque de ce que tout le monde manque et personne ne sait aller commander chez personne. C’est une pénurie chronique que traversent des provinces du Congo. Résultat: recourir à l’importation au-delà des frontières nationales. 

Pour faire fonctionner l’économie congolaise des échanges économiques entre les provinces devaient être privilégié. L’entretien du chemin de fer et la construction de nouvelles routes devaient rester au centre de la préoccupation du Gouvernement. Ainsi l’argent produit au Congo circulera à l’intérieur du Congo et nulle part ailleurs. 

La ville de Goma produit un fromage qui intéresse tout le pays. Mais difficile de couvrir la demande de tout un pays sans chemin de fer. À Kinshasa, le fromage est importé en grande partie de l’étranger. Le thé produit dans le Sud-Kivu intéresse tout le Congo. Mais sans chemin de fer impossible de couvrir la demande du pays. Dans le Kasaï on importe de l’Angola. Le Maindombe est poissonneux et la pêche est une des activités principales. Dans le Haut-Katanga et Kinshasa, on importe des poissons depuis ma Namibie. L’Equateur produit un bon bon café arabica. Dans les Kivu on importe le café des pays voisins. 

Avec ces quelques illustrations, on peut se faire une idée de ce que peut représenter le social des congolais si l’argent circulait à l’intérieur du Congo plutôt que de l’expédier à l’étranger et refaire le même exercice tout le temps. 

L’indifférence des autorités locales devant le projet de chemin de fer est sans appel. Pourtant, ce chemin de fer est conçu pour être le pivot de son économie. Cela amène à de spéculations. Certains congolais pensent que le pays est victime d’un complot international destiné à maintenir l’économie du pays par terre.  Faites du Congolais un peuple demandeur et improductif. Cela rendra le peuple fragile et toujours  prêt à capituler.  La phrase commune au Congo est « Rien ne marche ! ». 

Sans chemin de fer, faible cohésion nationale 

Avec le départ en faillite du chemin de fer, les congolais moyens ne se côtoient plus. Des familles séparées par des longues distances s’attardent à s’entretenir au téléphone. Les interactions fréquentes d’une province à une autre comme cela était le cas à l’époque du Zaïre ont été stoppées. Au Congo, ceux qui voyagent d’un bout à l’autre (par avion) ils le font pour de besoins de travail ou de santé. Dans un pays à la taille du Congo, on peut naître et mourir sans avoir eu à visiter des contrées éloignées de son pays.

 La diminution des fréquentations entre les peuples du Congo contribue à affaiblir  l’unité organique du pays et fragilise la cohesion nationale. 

Le coût du billet d’avion le moins cher pour départ simple se paie à cent quatre-vingt-dix dollar américain. Pour relier  certaines directions au dedans de ce même pays, le coût d’un billet d’avion vous prend plus que ce que vous devez dépenser pour vous rendre du Congo à Dubai ou du Congo à l’Inde. 

Stanley avait donc raison de déclarer que sans chemin de fer ce grand pays d’Afrique centrale ne vaut pas un penny. Sans chemin de fer, impossible pour de congolais qui gagnent moins de deux dollars le jour de visiter leur pays ou encore de secourir leurs compatriotes de l’Est du Congo lorsque le danger menace. 

Il y a à peine une vingtaine d’années que les congolais pouvaient se mouvoir librement par train partout dans le pays admirant leur patrimoine commun et faisant des affaires. 

Une opinion tendant à faire croire que la situation est sciemment entretenue gagne progressivement du terrain dans le pays depuis des années.  

Un complot contre le Congo? 

Cette opinion pense que la RDC est sous une emprise des forces ennemies dont l’objectif serait de maintenir son économie en état de paralysie général et l’empêcher de décoller en détruisant son pré ici eux chemin de fer. Ainsi donc, l’éléphant a été cloué au sol. Les critiques du Congo préfèrent parler de ce pays comme d’un éléphant aux pieds d’argiles. 

Pour certains, la destruction et l’abandon du chemin de fer congolais s’agirait d’un complot contre le pays auquel une certaine catégorie des autorités sont complices. Cette opinion pense que les leaders qui se sont succédés à la tête du pays ont servi pour l’agenda visant à faire du Congolais un peuple dépendant. 

Un courrier pour Tamtam News de la part de L’Oiseau perché
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